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Biographie

1974 Octobre : Conception. Nous sommes en plein été indien (si on peut dire) et mes parents reviennent de leur voyage de noces (aux Baléares, paraît-il).
Souvenirs très très flous de ma vie juste avant ma naissance. Je ne me suis même pas aperçu de Noël, ni du passage à l’année 1975, ni de la Saint-Valentin, ni de l’arrivée du printemps, et encore moins des fameuses cloches de Pâques. Non, en fait, rien de définitif ni de bien précis.

1975 Fin mai : j’ai trop envie de voir le monde, je ne peux plus attendre, il faut que je sache ce qui se passe au-dehors. Naissance à Nantes (44) avec 3 semaines d’avance, un « beau bébé, on dirait un Peau-rouge » dira une des sages-femmes. Mon dieu ! Mais c’est un Gémeaux ! Quoi ajouter ? Si ce n’est mes 3,3 kgs pour 50 cm en taille.

1975/1981 Je passe énormément de temps chez mes grands-parents maternels car les nourrices et tout le toutim, ça n’est pas très « bon pour moi ». Chez eux, j’apprends à siffler avec les doigts, à danser sur le ventre des gens. A cette époque, j’apprends mon alphabet et à compter, surtout en regardant l’émission TV « Des Chiffres et des Lettres ». J’ai un goût prononcé pour tout ce qui touche aux agents secrets, pour me construire des cabanes sous les tables, pour créer peu à peu un monde bien à moi. En école maternelle, je me fais remarquer par mon attitude « différente » : je ne me mélange pas aux autres enfants, je reste, seul, debout au milieu de la cour à regarder les autres s’amuser et courir dans tous les sens. Jouer avec les autres, participer aux activités collectives, quel ennui ! Je préfère jouer tranquillement avec mes petites voitures en m'inventant des circuits imaginaires.

 

1981/1986 Période de l’école primaire où je ne me fais pas trop remarqué par mes instituteurs. Tout ce qui touche au français, à la poésie, les sciences humaines ne m’intéressent pas trop (il me faut des heures pour trouver une idée pour mes rédactions hebdomadaires..). Par contre, la logique, les mathématiques dont l’algèbre me fascinent, j’aime bien me triturer les méninges. Je trouve aussi un refuge dans le dessin dans les fameux cahiers jaunes « Calligraphe » : ma prédilection va pour les cartes des pays ainsi que pour les rosaces de toutes formes et mes « diamants » (j’adore colorier l’intérieur selon mon humeur). Pas de traces connues d’un quelconque écrit. Aussi, tous les mardi soirs, je prends des cours de violon et de solfège qui me donnent le goût pour la musique classique, et un apprentissage de la concentration et de la rigueur.


1987/1991 Période du collège. Rien à signaler non plus : je ne lis pas beaucoup de livres, sauf ceux que les profs nous « conseillent vivement ». Les rédactions se sont transformées en petites dissertations et j’arrive toujours autant peu à rédiger une histoire convenable (« il faut apprendre à écrire » me dit-on). Classe de 4ème : après de longues semaines où deux « grands » se moquent de moi et me raillent ouvertement, je commence à écrire mes premières poésies (qui deviennent le miroirs de mes états d’âme). J’écris au moins la moitié d’un texte par jour, tous les soirs dans mon lit. Classe de 3ème : je découvre l’univers de Baudelaire (dont nous devions présenter un texte en exposé oral)... Enfin un homme qui dépeint un monde différent, les images sont superbes. Les Fleurs du Mal deviennent mon livre de chevet. Ai lu presque tous les Agatha Christie, sous l’impulsion de ma mère qui souhaite que je lise pour relever mon niveau désastreux en français (excepté pour les dictées où j’excelle). Juillet : voyage en Égypte. A côté de cela, je m’investis dans les arts martiaux (j’ai arrêté le violon après 8 années de pratique) où je retrouve une sérénité, un code d’honneur, un respect, un exotisme qui me séduisent plus que de raison.

1992/1995 Période du lycée. Les filles viennent de faire leur apparition dans mon univers, je les remarque que maintenant. Découverte des Contemplations d’Hugo. Très peu de romans qui ne captent pas mon intérêt car trop réalistes à mon goût sauf certaines œuvres qui m’évadent comme L’île au trésor de Stevenson et La Guerre des Mondes de H.G.Wells. Avril & Août 1992 : voyages aux États-Unis et Canada. L’influence du monde anglo-saxon me fascine définitivement, j’aime cette foi où chacun peut construire son propre rêve. En parallèle, je continue toujours à écrire de la poésie, surtout que j’ai trouvé une inspiration insatiable, la femme, à qui je voue un intérêt sans bornes, très idéal mais toujours en secret. Je note tous mes textes dans un petit cahier d’école à grands carreaux que j’intitule « Un univers de sensations et d’émotions ». Entre-temps, je prends énormément de plaisir à jouer avec la langue anglaise, à la lire, à l’écrire, à l’écouter (je demande aux profs de me traduire les paroles des chansons) : mes goûts s’éloignent peu à peu de la culture française pour traverser l’océan Atlantique notamment. Note à caractère informatif : mon prof de philo m’avoue (et quelle surprise !) que je suis un « élève obscur, un rêveur impénitent et qui ne sait pas écrire ».

1995 Première année en fac d’anglais à l’Université de Nantes. Découverte d’un sentiment de liberté. Mes goûts pour la culture anglo-saxonne, et américaine surtout, deviennent des influences que je nourris dans mes lectures. Deux ou trois profs m’insufflent le goût pour la lecture : découverte pour les romans, notamment ceux de l’univers de Jack Kerouac et des auteurs de la Beat Generation, ainsi que ceux de Jules Verne. Tout ce qui touche au thème de l’initiation, de la découverte de soi, de la spiritualité m’intéresse. Pour la poésie, l’explosion s‘étend jusqu’à Rimbaud, Verlaine… Au cours d’un module français, j’ai le sentiment que je dois regrouper ma poésie dans un recueil et déjà, l’adjectif « pourpre » résonne dans ma tête. En parallèle, je me remets au dessin, je recopie des personnages de mangas la plupart du temps mais ça n’ira pas au-delà de ces essais.

1996/1997 Je suis toujours à la fac d’anglais mais je deviens de plus en plus un « intermittent » de l’université mais, en bon étudiant, je vais au bout de mon cursus. Maintenant, j’ai arrêté l’espagnol en deuxième langue et me plonge dans l’apprentissage du japonais, afin de renforcer et préciser mon goût pour la culture asiatique. Je suis souvent le nez dans mes livres ou la tête dans les nuages en écoutant mon walkman (eh oui, c’était des cassettes et non des cds comme maintenant !), ce qui me vaut plusieurs surnoms comme le « Cosmic », l’ « anti-social », le « rêveur »… Octobre 1996, rencontre avec un homme qui prendra l’aspect plus tard de l’écrivain Max Dorier. Sous cette forte amitié et avec le concours d’un autre ami, David, nous formons le groupe S.A.D, un trio d’idéalistes qui veut refaire le monde, qui veut parcourir le monde, qui veut tout apprendre. Dans cette période intense, mes goûts et lectures vont prendre une dimension supérieure, celle de la spiritualité. Découleront des lectures avec une atmosphère particulière telles que Le Moine de Gregory Lewis, Typhoon de Conrad ou Le joueur de S. Zweig : je recherche des aventures peu communes, ou hors du commun. Il faut que le héros soit plongé dans un univers spécifique tel le personnage de Drogo dans le désert des Tartares de Buzatti. Découverte aussi de l’astrologie (je fais des thèmes astraux à qui le souhaite). Avec mes deux amis, l’effervescence qui nous anime devient très intense, surtout pendant l’année 1997, et nous avons le projet grandiose de partir autour de la planète : tout se prépare loin des yeux et des oreilles du monde extérieur, nos « cérémonies » sont nocturnes, nous vivons décalés, retranchés parfois.


1998 L’université reste un lieu de pèlerinage, j’y vais, j’y viens mais ne reste que peu de temps, juste assez pour participer à ma dernière année de mon DEUG d’anglais et japonais. L’aventure du groupe S.A.D prend fin prématurément, au cours de l’été où chacun sent un vent différent le guider. Adieu donc à Siddhârta, Siva et Champa, les trois compères ! Je décide donc de me concentrer un peu plus sur mes textes, de lire aussi un peu plus de poésie : ce sera l’époque de Verlaine et de Prévert surtout qui, par son apparente simplicité, me séduit énormément. En écrivant, en fouillant ma mémoire, en nourrissant ma poésie, j’entrevois à quel point je suis « arraché » au monde et je doute sur mon avenir (moi qui voulais devenir prof d’anglais à l’étranger !). Alors vient la rencontre avec un auteur béni (enfin pour moi, à ce moment-là) : Rainer Maria Rilke et ses Lettres à un jeune poète, livre qui soulève en moi une violente réaction. Là, je retrouve une mentalité, un état d’esprit, une recherche sur soi que je connais puisque c’est aussi la mienne. Enfin, je trouve chez un écrivain ce même état de lucidité, de quête. A partir de là, j’en parle avec Max et nous décidons de nous écrire, quel que soit le lieu où nous sommes, même si nous nous voyons tous les jours : dans nos lettres, nous ferons état de nos réflexions sur la vie, sur notre position vis-à-vis du monde, sur la spiritualité et nous célébrerons l’acte d’écriture en tant que tel, en tant que don de soi à l’autre. Je découvre, coup sur coup et par hasard, suite à un reportage TV, le livre d’Hermann Hesse, Siddhârta et l’Alchimiste de Coelho. Deux livres qui feront aussi office désormais de livres-phare pour ma pensée, mon investissement littéraire, humain, spirituel. A leur lecture, j’ai l’intuition que moi aussi, j’ai une voie à suivre… mais je n’ai encore aucun mot pour la circonscrire.

1999 Je poursuis mes études pour terminer mon DEUG d’anglais dont il me reste deux modules à passer. Quelle lenteur ! J’effectue aussi souvent des voyages à Paris : j’en profite pour nourrir mes goûts naissant et intéressés pour la peinture s’étalant sur une période allant de la fin du 19ème siècle jusqu’à la fin du Surréalisme. Je retrouve mon professeur de français de ma première année en fac et il continue à influencer le choix de mes lectures : Conan Doyle avec Le monde perdu et quelques œuvres de Jules Verne dont Voyage au centre de la Terre et ce petit récit fascinant, l’Éternel Adam. Au sortir de ces livres, je découvre moi-même le principal sujet de mes recherches : le thème de l’initiation, au sens large, ou comment l’homme se « transforme » pour un autre, comment il est capable de s’aliéner ou si c’est le monde qui l’environne qui le change. Cette question de l’initiation vient s’inscrire en moi, comme une loi à suivre. Mes écrits, mes idées seront dès à présent tournés vers cette question. J’’essaie énormément de m’octroyer des moments de détente, de calme, de silence, de vide pour lire essentiellement puis pour ma poésie – j’ai envie d’une poésie nouvelle, inédite, entière, une « poésie élevée » aussi. En deux mois consécutifs, un de mes textes est remarqué lors de la finale d’un concours de poésie organisé par la revue « Visages du 20ème siècle » et je reçois le 4ème prix - pour le poème Le jumeau -  dans la section « Jeunes Poètes » au concours de poésie organisé par la Société Académique de Nantes et Loire-Atlantique. Suite à ces résultats, je commence à participer à des concours nationaux de poésie et y prépare un embryon de recueil de poésies que je nomme Palabres Pourpres. A côté de cela, j’entretiens toujours une correspondance avec mon ami Max Dorier : nos lettres sont teintées de fortes impressions car nous sommes au cœur de la tempête, nous faisons face à nos illusions. Cette année-ci, je prends la mesure de mon rapport avec les hommes, avec le monde des Hommes. La question de la liberté (qui devient peu à peu mon étendard idéologique, si l’on peut dire ainsi) et de l’intégrité sont plus qu’urgentes.

2000 Année des plus étranges (me voici -et j’en ai l’impression- à la moitié d’un cycle…). D’abord, ayant perdu l’envie et le goût pour le professorat, je me tourne vers un métier public, enfin son apprentissage : j’effectue une formation pour devenir Agent d’Escale Commerciale (un titre pompeux pour dire que je bosse à l’accueil des passagers dans les aéroports). Dans les lettres à Max, j’ai cette volonté démesurée d’être un chercheur, un « Guerrier de Lumière ». Les mots ne préfigurent plus, mes 25 ans alors annoncent un désir de faire les choses mais c’est difficile de se défaire de soi…Alors, je me plonge dans des livres qui me ressemblent à ce moment-ci, qui peuvent m’aider dans cette recherche qui me tiraille secrètement : mais enfin qui suis-je ? Quel est ce pourquoi ? Pourquoi je ressens un décalage ? Il me faut comprendre : j’essaie d’interpréter mes rêves en les notant dans un carnet rouge "Trocadéro" appelé Dans tes Rêves, je lis Freud dont le petit livre Sur le rêve qui m’apprend beaucoup sur la fonction et la nature de nos rêves. Je me sers aussi de ce prétexte pour puiser dans mon inspiration pour mes autres textes, je lis aussi Breton dont le fabuleux Nadja et L’amour fou. A l’issue de ces lectures, me viennent (enfin..) l’envie et le désir de me faire éditer et je me renseigne sur les opportunités de le faire moi-même, histoire d’avoir un contrôle sur tout. L’idée de passer chez un grand éditeur ne m’effleure même pas tant je suis loin de cet univers si « mortel ». Le monde du livre m’apparaît alors beau, inaccessible, élitiste. Pendant l’été, je découvre un auteur fantastique, James Redfield et sa Prophétie des Andes, livre que l’on m’a conseillé un an auparavant lors d’un voyage au Maroc. Je deviens vite un adepte de sa pensée, je lis tout ce qui se rapporte à cet esprit unique qui se rapproche du mien et qui apporte momentanément des réponses à mes interrogations. Toutes mes lectures, depuis un ou deux ans maintenant, ont ces dénominateurs communs que sont les rêves, les signes, le destin et le pouvoir que l’on a sur lui, la capacité de l’homme à dépasser sa condition. Fin octobre-début novembre : arrêt de la correspondance entre Max et moi. Puis un événement tragique survient le mois suivant : mort de mon père. D’un coup d’un seul, je ressens un vide que j’essaie de maîtriser en m’occupant de mon frère et ma sœur. J’arrête d’écrire…pour combien de temps ?

2001 Année de flottement entre deux eaux. D’une part, mes perspectives d’embauche dans une compagnie aérienne s’amenuisent vu le contexte économique et les licenciements et autres fusions qui se profilent. Et je n’ai pas trop l’énergie de me battre, je n’arrive plus à réfléchir, mes pensées sont confuses, mon rapport à autrui évolue vite, je deviens lucide, mon œil se fait plus critique. J’essaie tout de même de remonter la pente et décide de préparer (suis-je vraiment convaincu ?) des concours administratifs au Ministère des Affaires Étrangères. Pendant ce temps-là, mes lectures s’orientent plus précisément vers des univers plus ésotériques tels que les livres de Rampa dont Le 3ème Œil et les livres de Bernard Werber dont Le livre du Voyage. Je découvre dans Les Thanatonautes et l’Empire des anges une évasion quant au sujet de la mort, de notre rapport aux autres, de la responsabilité qu’il en découle. A partir de l’été, je décide de revenir vers des lectures qui me semblent des classiques, incontournables. Parmi elles : Des souris et des hommes de Steinbeck, Vendredi ou les limbes du Pacifique de Tournier (à qui j’écris pour rendre compte de mon enthousiasme). Je n’écris peut-être plus de poésie pour le moment mais je continue à en lire, à essayer de m’influencer par des auteurs « décalés » et je tombe sur Les Chants de Maldoror de Lautréamont. Mes lectures continuent contre vents et tempêtes à suivre la même voie, à empreinter le même chemin, celui de l’initiation, de la transformation, du changement d’état chez l’homme. Décidément, il ne peut y avoir de hasard gratuit : que je le veuille ou non, des signes se dressent devant moi (telle est mon interprétation). Je dois sûrement avoir quelque chose à faire, j’ai un rôle à jouer dans ceci. Dans le dernier trimestre, Max et moi décidons de compiler toutes nos lettres des années précédentes sous un recueil qui prend le nom de Correspondance d’un Poète à un Fou. Nous avons la prétention que nos lettres portent un message envers les jeunes adultes qui entrent dans la vie active ou ceux qui se posent des tonnes de questions sur eux-mêmes. Nous souhaitons aussi faire partager nos expériences, montrer aux gens comment on envisage le monde, comment nous l’interprétons, comment nous évoluons dans ce mécanisme. Une séries de photographies lettrées pour souligner une soif de compréhension et un futur engagement artistique. Nous envoyons le manuscrit à moins de 5 maisons d’éditions.

2002 Année « black & white ». Début d’année chaotique, désordonné, noir car mon monde s’écroule et mes dernières « innocences » s‘évaporent : mort de ma mère. J’endosse alors des responsabilités d’adultes « confirmés ». Je ne comprends plus cette existence, quel est son but ou pourquoi elle s’acharne ainsi contre certains alors que d’autres en sont préservés ! Oui, pourquoi ? Je veux comprendre plus que tout le pourquoi et le comment de mon incarnation. Grande période de réflexion où, heureusement, l’auteur Hermann Hesse sait calmer mes peurs, ma colère et mes doutes : je poursuis le lecture de son œuvre : Demian, Narcisse & Goldmund, Knulp, Le Loup des Steppes. A la même époque, je connais mon premier succès littéraire (enfin faut relativiser !) car nous signons (fin avril) pour la publication du livre Correspondance d’un Poète à un Fou aux Éditions des Écrivains, à Paris. L’euphorie prend le dessus, les prétentions se débrident et les plans sur la comète se succèdent à vitesse grand V. Je garde en secret une pensée pour mes parents, me demandant s’ils auraient été fiers de moi… Ca y est, nous avons un pied dans le monde du livre et des Lettres, nous entrons par une petite porte, une toute petite porte. A nous les conseils avisés, les promesses en l’air, les garanties non fondées. En même temps, j’ai la conviction et l’ultime intuition que je dois choisir véritablement mon engagement littéraire. Pendant l’été et par la suite, je découvre et lis deux phénomènes de la littérature, séparés par près de 50 ans : la trilogie du Seigneur des Anneaux de monsieur Tolkien et la saga enfantine et magique de Harry Potter de J.K. Rowling. Pour le premier, j’admire le style, le foisonnement des détails, la capacité de créer un univers, un monde presque réel avec ses codes, ses lois, ses protagonistes. Et pour l’univers du petit magicien maintenant mondialement connu, j’aime l’inventivité, la simplicité, la qualité primordiale qui est le fait de savoir raconter une histoire. Je rapproche ces deux phénomènes pour l’engouement qu’ils présentent toujours. Septembre : voyage à Majorque où mon esprit connaît un véritable repos, les choses reviennent à moi calmement, posément. Je découvre aussi Walt Whitman et ses Feuilles d’herbe où la poésie se veut libre, naturelle, chantante. A mon retour, c’est alors que me vient l’idée de revenir sur une de mes nouvelles, l’histoire d’un garçon, Mahel, qui traverse les époques et la vie des gens en insufflant chez eux l’envie de réaliser leurs rêves les plus fous ; je commence la rédaction d’un plan et le séquence comme pour un film de cinéma. La nouvelle va devenir quelque chose de plus grand, j’en suis sûr mais je m’en fiche car je retrouve le goût d’écrire. Novembre : je reçois le 4ème prix aux Jeux Floraux des Cévennes, section Poésie Libre. Nous recevons aussi les premiers exemplaires du livre Correspondance d’un Poète à un Fou, nous sommes fous d’exultation, d’impatience. Rencontre le 31 décembre avec le sculpteur Gérard Voisin dans son atelier nantais.

2003 Année de mutation, de nouveautés, d’expériences artistiques. Je reprends mes études d’anglais pour terminer et parfaire ma licence : j’ai l’impression d’avoir été absent du monde des Hommes depuis deux ans et de sortir d’une longue torpeur, d'une certaine aphasie. Début de l’année, nous commençons avec Max à nous immiscer dans les arcanes obscures d’une vie artistique et participons à nos premières interviews radio et journalistiques. Ensuite, nous enchaînons avec le cérémonial de tout écrivain, les salons du livre. Entre-temps, participation au concours de scénario pour court-métrage pour Les Lutins d’Or avec Entre Ombre et Lumière, co-écrit avec Max Dorier. Avril : voyage dans le nord de l’Italie (Milan, Côme, Vérone et Venise). Décidément, les voyages ont ce charme d'envoyer des perceptions nouvelles et, à mon retour, je décide changer complètement l’histoire de ma « grande nouvelle » : ce sera mon premier roman, construit comme un film pour avoir des effets visuels très forts, très percutants. Je m’oblige à écrire au moins 2 à 3 heures par jour (le soir surtout), que ce soit en semaine ou week-end. La musique fait partie de mon environnement pour écrire, elle influence mes écrits, mon humeur, mes univers. Mon travail d’écriture devient discipliné, structurel, découpé, avec une méthodologie personnelle : noter mes influences littéraires et cinématographiques liés à mon histoire, raconter le sujet du livre puis la théorie du livre, définir le genre et les axes centraux, lister une dizaine de nœuds dramatiques, esquisser les personnages principaux (physique, social, psychologique et leur idéal) et enfin, découper mes séquences en plusieurs sous-parties. Je souhaite une écriture simple, directe, intime mais dans laquelle le lecteur peut se reconnaître facilement ; lecture de Terre des hommes et Vol de nuit de St Exupéry. Mai : mise en ligne du site Internet Le Poète et le Fou. Pendant ce temps-là, les salons du livre sont une source incroyable d’émotions. Ils exultent chez moi l’envie d’aller vers les autres. Hélas - ou peut-être pas d’ailleurs - nous sommes considérés comme trop jeunes, ou en décalage avec notre époque. Le livre fait l’objet d’un OVNI dans la pléthore des livres présentés. Certains soulignent le fait que nous sommes en quête, dans une recherche personnelle, que nous sommes « spirituellement très évolués »…Très bien mais cela n’a aucune répercussion ou presque sur l’état de nos ventes. Que recherchent les lecteurs, les gens en général ? Ils veulent s’évader mais pas trop loin, quand même…Je retourne donc à l’écriture de mon roman baptisé MAHEL où je garde comme un des personnages principaux celui du garçon de ma « nouvelle » avortée. Je m’interroge sur les diverses façons de s’évader, de connaître d’autres horizons comme la drogue notamment . Grande période de lecture : Cocteau dont Les enfants terribles et Opium, Le Festin Nu de W. Burroughs, les Illuminations de Rimbaud, Edgar Poe et ses Histoires Extraordinaires. Octobre et novembre : parution de quelques poèmes dans des e-revues (sur Internet), notamment la Revue Improbable, Anice-fiction et Artistasalfaix. 28 octobre : création de l’association littéraire et humanitaire Les Alchimistes du Verbe, avec Max Dorier. Viendront vite nous rejoindre des auteurs divers tels que Malick Diarra, Michel Lecourt, Paul van Lerberghe dans cette nouvelle aventure. L’association est d’abord littéraire car elle souhaite regrouper différents auteurs peu connus ou prou, publiés ou en passe de l’être en formant peu à peu un mouvement novateur, Alchiverbisme. Enfin, elle recèle une part humanitaire car une partie des fonds des ventes effectuées par les livres est soumise à des organismes luttant contre l’illettrisme. Je continue toujours le matin (environ 1 heure) et le soir (près de 2 heures) à bosser sur mon manuscrit de MAHEL : l’histoire me prend à la gorge, je vis le livre de l’intérieur, je m’approprie les personnages, leurs vies….Je deviens Dieu dans mon propre univers.

2004 Année de la construction, de l’affirmation. J’ai décidé de poursuivre mes études d’anglais pour faire une maîtrise car je souhaite intégrer le monde de la rédaction écrite dans les radios, magazines ou presse quotidienne. Janvier : mise en ligne du site Internet de l’association Les Alchimistes du Verbe. L’association change de visage et devient une édition-associative, qui peut désormais éditer des écrivains à compte d’auteur dans un premier temps ; l’originalité reste cependant que chaque auteur perçoit l’intégralité de ses ventes, l’association ne restant qu’un intermédiaire pour l’aider à se faire connaître. Après ce qui me semble une éternité, je regroupe mes derniers textes – je commence enfin à trouver mon style, mon approche originale des mots – sous un recueil que je nomme… Les Palabres Pourpres : voilà donc un souhait qui se réalise à la lumière de la nouvelle année. N’ayant trouvé aucun éditeur pour publier mon recueil parce qu’il ne « rentre pas dans la ligne éditoriale énoncée », je décide de passer par l’édition-associative pour le faire connaître, pour lui donner corps et vie. Élaboration d’un fanzine qui tire son nom d’un extrait des Correspondances, l’Annuaire Scriboïque. Un fanzine bi-mensuel retraçant le parcours littéraire, philosophique, spirituel des Alchimistes. C’est aussi un endroit où la pensée et le mouvement "alchiverbiste" développe ses racines, et souhaite toucher le plus grand nombre de personnes. Mars : sortie du premier numéro. Mes lectures depuis le début de l’année : Océan Mer de A. Baricco, un peu de Kerouac chez qui je trouve toujours une réelle fraîcheur, les Poésies de Paul Eluard. Mai : je reçois le 3ème prix au concours de poésie (section Poésie Libre) de la Vallée de la Dordogne - prix Murat-Le-Quaire - organisé par l’association Henri Pourrat. Juin : je deviens adhérent à l'ADELF (Association Des Écrivains de Langue Française) et 3 nouveaux poèmes figurent dans l'e-revue Anice-Fiction et dans la revue Florilège. Août : voyage en Italie, dans la région des "Cinqueterre" au sud de Gênes. Lectures estivales : Le Procès de Kafka, Le Démon et mademoiselle Prym de Coelho et L'attrape-coeur de J.D Salinger. A noter l'arrivée de l'auteur Lionel Daviet dans l'aventure livresque des Alchimistes. Depuis la rentrée, certaines transformations s'opèrent, lentement, sûrement, comme une mue : l'ami Max Dorier s'expatrie de Nantes pour une ville méridionale, Marseille, ce qui me donne l'occasion unique de me frotter aux gens, au public, à mon public lors des salons du livre : je continue donc, seul, décidé, enthousiaste, à me découvrir au travers les yeux d'autrui, les attentions sont touchantes, émouvantes, passionnées même. Mon univers plaît, je séduis par mes mots. Octobre-novembre : parution de mon poème Illusion d'une Ronde dans la revue Poésie/première. Puis, c'est le retour de David, l'autre comparse du groupe S.A.D. qui prend le visage d'un photographe naturaliste essentiellement : projet d'un "beau livre" (photos/textes) autour d'un thème coulant dans ma veine depuis toujours, la liberté. L'orientation photographique se fait à propos du sujet de la route. Mes lectures automnales se déroulent ainsi : Le Vagabond américain en voie de disparition de Kerouac (décidément, on ne se refait pas!!), Alchimie & Mystique d'Alexander Roob où je puise des inspirations pour mon écriture, pour ma poésie qui se veut transformation, mutation. Un monde de changements, occulte, fascinant qui me plonge dans les arcanes de notre imagination, avec son lot de symboles. Mon oeil devient rotatif, un phare dans mon imaginaire. Fin d'année marquée par deux salons du livre importants, Riantec (56) où je rencontre personnellement les écrivains Irène Frain et Denis Seznec. Et le salon de La Rochelle (17) où, avec le photographe David LEGER, nous peaufinons notre collaboration photo/textes : le livre sur "la route" prend le titre Et si les Tortues avaient des Ailes... En parallèle, mise en ligne du forum Le Monde Scriboïque.

2005 Le vrai tournant. Janvier-février-mars : parution aux Éditions Les Alchimistes du Verbe de mon second recueil de poésies, intitulé Transversale. Un recueil où ma poésie commence à trouver sa propre voie, déclinant le sens, caché, furtif. Une aventure. Je reçois début mars le 4ème prix au prix de poésie 2004 de la Société Académique de Nantes et Loire-Atlantique, section Poésie Libre.

 

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En préparation : ¤ un recueil de petites nouvelles, des tranches de vie prises sur le vif : un savant mélange entre l’écriture instinctive de Kerouac et La première gorgée de bière de P. Delerm. Titre : La Bicyclette Mentale et autres Chroniques. J’essaie de développer une écriture instantanée, vive, rapide, poétique. Je prends beaucoup de notes dans mes petits carnets couleur orange « Paragraphe ».

                   ¤ un nouveau recueil de poésie intitulé provisoirement Ars Magna. J’ai décide de sortir, quoiqu’il arrive, un recueil de poésie à chaque début d’année civile, et ce pendant ma vie entière.

                   ¤ collaboration avec le photographe David LEGER sur un ouvrage ayant sujet "La Route". Titre : Et si les Tortues avaient des Ailes...

                   ¤ élaboration du second volume de la trilogie "thomasienne" initiée avec MAHEL. Titre provisoire : Œil.

 

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Voilà ce sera tout pour aujourd'hui. Nous sommes le 08 mars 2005. Je reviendrai à tout moment dès qu’un événement ou changement notoire apparaît dans mon univers…

 

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